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 Cause I'd rather feel P A I N than nothing at A L L {99%}

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Date d'inscription : 28/05/2015
Guérisseuse
MessageSujet: Cause I'd rather feel P A I N than nothing at A L L {99%}   Ven 3 Juil - 13:54

pain     vizsla


PAIN, I CAN'T GET ENOUGH
Pain, comme son nom l'indique, est née sur l'île de Vizsla. Bien qu'elle appartienne à la famille royale et qu'elle en ait le titre, elle n'est pas héritière du trône de ses parents. C'est une belle jeune femme de vingt-sept ans, une humaine avec un quart de sang elfe, qui ne lui apporte rien d'autre qu'une grâce particulière. Elle vit actuellement à Loitaceila où elle est guérisseuse pour les Ailes Pourpres. Elle peut profiter de son statut "noble" pour infiltrer la cour d'Akashi comme invitée d'honneur, de temps à autres.

YOU'RE SICK OF FEELING NUMB
Belle. La première chose que les gens remarquent chez moi, c'est ma beauté. Certains vont même jusqu'à me qualifier de "parfaite". Sans chercher à me vanter, je suis presque obligée de leur donner raison. J'ai la peau lisse, pâle sans avoir un teint maladif, et très agréable au touché. Je suis grande et fine, et mes mouvements donnent parfois une impression féline. Je garde toujours une certaine retenue, une délicatesse héritée de mon éducation et des mes ascendants elfiques. Et puis, il y a bien sûr mon visage. Il est à la fois rude et doux, plaisant pour tous les regards. Mes deux yeux, lilas, font grande impression. Ils impressionnent beaucoup, malheureusement, c'est souvent dans le mauvais sens du terme. Je me sers aussi du maquillage, qui m'aide à sublimer encore mes traits.

Imparfaite. Malgré tout, celui qui me détaille se rend vite compte que je ne suis pas si belle que ça. A commencer par mon visage : mon nez est busqué, ma bouche à tendance à prendre une moue dédaigneuse et j'ai un sale petit grain de beauté au coin gauche de celle-ci, qui fait comme une vilaine tache. Mais même mon corps n'est pas si beau. Mes seins sont assez petits par rapport à ma taille et j'ai un peu de graisse à droite à gauche, ce qui fait que je suis en vérité mal proportionnée. Enfin, il y a mes cheveux. Rah, des cheveux non, c'est une tignasse indomptable que je me traîne. Ils ont un très beau noir corbeau aux reflets pétrole, mais c'est tout ce qu'ils ont de bien. Bouclés par endroit, ondulés à d'autres, c'est impossible de les coiffés. Alors, je les laisse comme ça. Une simple raie, plus ou moins au milieu, on me verra rarement autrement. Même si j'avoue que je suis jolie, je n'ai pas non plus une beauté exceptionnelle.

Du blanc et du noir. A dire vraie, je déteste la couleur. Je mets parfois du cuir marron, ou des vêtements bleu marine, mais c'est tout. Les fantaisies, ça me ne va pas vraiment, et je trouve que ça fait plutôt ridicule. J'ai mes préférences. En général, je porte une chemise de dentelle blanche surmontée d'un pourpoint noir à manche courtes et bouffantes. Sur les mains, j'ai de longs gants en cuir noir qui me protège du froid. Bien sûr, je les retire en été. A ma taille, il y a toujours une fine ceinture, elle aussi en cuir. Elle me sert à garder un poignard et quelques fioles, bien utiles en cas d'ennui. Le plus souvent, j'ai un pantalon et des bottes montantes, encore une fois en cuir noir. De temps en temps, il m'arrive de mettre une robe ou une jupe longue, mais jamais rien de trop découvert. Je sors toujours avec une grand cape noire à capuche, idéale pour passer incognito. Le seul problème c'est que les Guérisseurs doivent en avoir une blanche, la noire étant réservée aux Sorciers, ce qui a entraîné de nombreuses méprises. Et puis, bien sûr, il y a mon médaillon. Attaché à un tour de cou en velours, ce n'est qu'un simple pentacle d'argent. Mais il ne me quitte jamais.

Lilas et groseilles à maquereau. Voilà un parfum qui a fait tourner la tête de plus d'un homme. Cette odeur me suit depuis très longtemps, si bien que beaucoup croient qu'elle est naturelle. En vérité, je dois m'appliquer un baume deux fois par jour, c'est lui qui me donne cette senteur si particulière. Il m'aide à soigner de vieilles blessures, devenues invisibles aujourd'hui, mais très profondes et lentes à guérir.
YOU'RE NOT THE ONLY ONE
sociable – étudiante – tyrannique – amoureuse
Sociable. Je vis avec les autres. J'aime faire la fête, rire, danser, et ce en bonne compagnie. Je veille à ne vexer jamais personne, à être à l'écoute, à distraire. Rien de telle qu'une conversation passionnée pour ensoleiller les après-midi morne. D'un naturel joviale, je suis le petit clown dont on aime rire. Comme je suis de bonne éducation et que j'ai passé de longs moments avec des gens de plus basse condition, ma présence peut être agréable à tout le monde. Et puis, je peux m'adapter à n'importe quel sujet de discussion et m'amuser dans n'importe quelle situation, ce qui fait que tant que je suis accompagnée, je ne m'ennuie jamais vraiment. Bien sûr, je sais aussi garder le silence lorsqu'il le faut. J'ai tendance à sentir l'ambiance, ce qui m'évite de trop blesser les gens ou d'être hors-sujet. Un atout lors des discussions avec des personnes à haut poste.

Sérieuse. Malgré tout, j'apprécie toujours les grandes solitudes. Je trouve dans les livres des amis parfois plus sympathiques que de vrais être vivants. Par ailleurs, lorsque je tombe sur un sujet inconnu, j'ai tendance à chercher tous les aspects de celui-ci, et je suis donc toujours occupée par une quelconque recherche. Ce trait un peu perfectionniste fait que je suis devenue experte en magie, en géopolitique, en herboristerie et en cuisine sans trop m'en rendre compte. Ce qui est triste, c'est que je ne connais pas grand chose d'autre, même si je suis ouverte à une discussion sur n'importe quel domaine. Comme je pioche dans un peu toutes les cultures, je suis devenue d'une tolérance extrême, qui laisse la porte ouverte à toutes les amitiés.

Tyrannique. J'ai bien un défaut. Et un plutôt gros. Je suis tout bonnement invivable en ce qui concerne les rapports de force. J'aime avoir du pouvoir, de la maîtrise, de l'autorité. Je cherche souvent à influencer le choix de mes proches. Une bonne chose si on me demande conseille, une mauvais si on voulait juste discuter. Dans un travail d'équipe, j'ai tendance à tout vouloir diriger, et gare à celui qui me désobéit. Je déteste l'échec et surtout le mien. J'irai jusqu'au bout pour imposer ma vision des choses, quitte à briser des liens. Pour cette raison, j'ai très peu d'amis proches, et me relations amoureuses se finissent assez mal. Même si je regrette souvent ce trait de ma personne, j'ai beaucoup de mal à le corriger. Peut-être que je n'ai pas assez de volonté, et c'est dommage...

Passionnée. Je suis amoureuse. Amoureuse de la vie, de ce que m'entoure, de tout les phénomènes naturels, de toutes les constructions de l'homme. Amoureuse de la foule, de la solitude, de la stabilité, de l'errance. Amoureuse des uns, des autres, de tous. J'aime vivre tout intensément, dans le nœud des passions. J'aime, je déteste, je suis triste, joyeuse, dégoûtée, charmée. J'ai peur parfois. Je panique. Je pleurs, je crie, je m'éloigne de tout. Et puis, quand je suis vide, je vais ressentir de nouveau.

I'LL TAKE YOU BY THE HAND
Hubrice est un corbeau, ou plus exactement un corvus moneduloides. Un corbeau quoi. Il mesure environ quarante centimètres, de la tête jusqu'au bout de la queue. Il est noir des pattes au bec, et ses plumes ont une sorte de reflet bleuté à la lumière. L’œil vif, il capte tout ce qui l'entoure. Ses serres et son bec acéré sont une voie sans issue pour tout morceau de viande passant par là, mort ou non. Intelligent comme tous les corvidés, il a réussi à apprendre quelques mots du langage humain et comprend parfaitement celui-ci. Cependant, il se contentera de communiquer à travers mon esprit. Pas farouche pour un sou, il se fait souvent passer pour un corbeau normal et va vivre sa vie avec ses congénères, et parmi les hommes.
Il faut aussi noter qu'il est rapide comme l'éclair, et pour cause. Hubrice est un corbeau de foudre. Il peut se transformer en éclair soit pour attaquer quelqu'un, soit pour s’infiltrer dans un métal conducteur. Ainsi, il lui arrive de se réfugier dans mon pendentif pour pouvoir observer sans être vu. Seulement, cette technique fait chauffer l'argent et il ne doit pas rester longtemps, même si je peux facilement guérir les brûlures.
Dans cet état électrique, il est très instable. Malgré le fait qu'il soit un familier, il ne peut pas maîtriser sa magie. Un jour, il se pourrait qu'il se trouve coincer sous cette forme électrique et donc disperser aux quatre vents. Pour cette raison, il évite d'utiliser ce mystérieux pouvoir. Il sait que je serais détruite de le voir disparaître.

AND I'LL SHOW YOU A WORLD THAT YOU CAN UNDERSTAND
La cour principale est remplie d'enfants. On joue tous ensembles à courir après les lézards et les papillons. Pour une fois, il fait vraiment chaud et tout le monde est dehors, surtout ici, à la plage. Ça rit de partout, c'est vivant, c'est beau. Elle vient me voir et ouvre ses mains. A l'intérieur se trouve un insecte aux ailes de toutes les couleurs.

– Il est mort, dit-elle avec une infinie tristesse dans la voix.

Me voilà tout aussi triste. D'autres se sont réunis autour de nous, des garçons principalement. Tous fixent l'animal mort avec une sorte de respect muet, inconscient. Je le touche alors du bout du doigt et voilà ses ailes qui s'agite, son corps qui se relève. Et il est parti, envolé, et tout le monde me regarde d'un air bizarre.

– Sorcière, fait l'un, un grand très impressionnant.
– C'est vrai, sale sorcière, renchérit un autre.
– T'es même pas belle, crie une fille un peu à l'écart.
– Tu sens mauvais !
– T'as pas de parents !
– T'es en noir comme les sorcières !
– Sorcière ! Sorcière !

On s'éloigne, on va se réfugier à l'ombre d'un arbre, très loin des autres. Je pleurs beaucoup. J'ai envie de courir me plonger dans l'eau salée et de n'en pas ressortir. Elle me sert contre elle, essayant tant bien que mal de me calmer.

– Tu sais, il était même pas mort le papillon.
– Je sais, me répond-elle d'une voix douce et ferme qui m'apaise aussitôt.



Un vent cogne contre la fenêtre, s'insinue entre les murs, fait vaciller la lumière des bougies. Il fait nuit, bientôt il sera l'heure de dormir. Au pied de mon lit, Maman boucle une grosse malle de bois. Demain, je pars en « voyage diplomatique » avec mes parents. Ou plutôt mes géniteurs, comme le maître me conseille de les appeler.
Je n'ai pas envie d'y penser, mais c'est plus fort que moi. Je ne veux pas. Je serai seule là-bas. Il n'y aura ni Maman, ni Anaé. D'ailleurs, celle-ci est déjà endormie. Ses boucles rousses dessinent des formes fantaisistes sur les draps beiges. Elle est belle quand elle dort. Elle est tout le temps belle. Elle ressemble beaucoup à Maman, en moins fatiguée. Moi, je ne ressemble à personne. Et demain, je ne suis même plus là.
Après un baiser sur nos fronts, Maman s'en va, laissant la pièce froide dans le noir. Parfois, je rêve que je suis traitée comme une princesse, que j'ai une grande chambre chauffée, un lit à baldaquin, et un serviteur qui me réveille avec le déjeuner. Mais je n'aurai jamais tout cela. Déjà parce que Vizsla est un pays plutôt pauvre, et que même la famille royale n'est pas à l'abri du grand froid de l'hiver. Ensuite parce que, j'ai beau être héritière, je ne suis pas considérée comme telle. Je suis sûre que je n'hériterai jamais. J'attends juste le jour où la nouvelle arrivera. Ce jour-là, je partirai, sans doute avec Anae. Toutes les deux, nous explorerons le monde, et tout sera merveilleux.



Ses boucles rousses s'agitent au rythme d'une musique que je ne peux pas entendre. Je lui jette de nombreux coups d’œil sans qu'elle s'en aperçoive, trop préoccupée par elle-même. Son crayon calé entre les dents, elle fredonne un air dans sa tête. Le cour l'ennuie autant que moi, apparemment. Pourtant, le maître fait tout pour rendre ses sujets intéressants. Mais il échoue. D'une part parce qu les cours théoriques ne sont pas faits pour des jeunes filles d'une douzaine d'années comme nous. Etudier la gestion d'un royaume ainsi, c'est encore tolérable, mais l'équation ou le combat au corps à corps...
Un poids sur mon épaule. Anaé s'est endormie, l'esprit dans sa chanson, la tête sur mon corps. Elle est adorable, avec ses tâches de rousseurs qui contrastent avec la pâleur de ses joues. Cette vision apaisante me distrait un peu, avant que j'en revienne à mes élucubrations. La magie, voilà tout ce qui nous intéresse. Bien sûr, ma sœur n'est même pas censée assister à ces cours, alors il serait hors de question de lui enseigner un art aussi rare. Mais, en farfouillant dans de vieux grimoire, nous avons essayé de nous entraîner. Elle est très douée. Moins que moi, enfin, différemment, mais douée quand même.

– Mademoiselle Vizsla.

Un garde a fait irruption dans le pièce, sans que je ne m'en aperçoive. Il tend un billet au maître, qui le lit de sa vieille voix. Anaé, réveillée, écoute avec autant de stupeur que moi. Enfin, le jour que j'attendais est arrivé. Enfin, mes parents osent me rejeter publiquement. Enfin, je vais pouvoir apprendre la magie. Enfin, je vais quitter Vizsla. Et pourtant, je ne me sens pas bien. Ma tête heurte la table, résonne, s'éteint.
Quand je me réveille, le garde est parti. Ma sœur et le maître me regardent, inquiets. Je leur souris, les rassure. Protecteur, le vieillard nous ordonne de retourner à notre chambre, les cours sont suspendus pour la journée.

– Ils sont quand même dégueulasse, grogne Anaé dans le couloir.
– C'est normal, je réponds doucement. S'ils ont enfin un enfant valide, c'est pour le mieux. Personne ne m'avait jamais imaginée sur le trône, de toutes façons.
– Mais c'est faux ! s'indigne-t-elle. Tu es valide ! Y'a que les fous pour croire que t'es dangereuse ! On le sait tous, que tu es normale, y'a juste eux qui veulent pas de toi...
– Silence, fais-je sèchement. Tu ne comprends rien. Si j'ai fais du mal en étant seulement un bébé, qui sait de quoi je serai capable une fois adulte.
– Mais tu n'as fait aucun mal ! elle s'entête. Au pire, tu as un peu ouvert la chaire de ta maman, et alors ? C'est pas gra...
– Tu vas te taire !? je hurle. Ce n'est pas ma « maman ». J'ai blessé cette femme, il faut que je m'en tienne éloignée. Réjouis toi de m'accompagner à Sugar, ce sera suffisant.

J'accélère le pas, faisant claquer mes talons. La journée a été riche en émotions. Je suis déjà épuisée, et il n'est même pas midi. Il me faudra longtemps pour me calmer.



L'orage éclate enfin. L'été met longtemps à se finir et la région n'est pas habituée à de si hautes températures. Surtout dans les chambres des serviteurs, il est impossible de respirer. Anaé, nue sous un drap de lin, se plaint déjà du climat de Sugar. Là-bas, il fera trop chaud, les habitants seront trop indiscrets, les cours seront trop longs. Sa morosité m'ennuie, mais je sait qu'une fois sur les lieux, elle sera pleine d'entrain.
Un bruit mat sonne contre le carreau. Ma sœur, apeurée, me hurle d'ouvrir pour vérifier l'identité de l'obstacle. Personnellement, j'aurais grandement préféré rester couchée. Les battants de la fenêtre claques violemment alors que je recueille une grosse boule noire et brûlante contre mon sein. Une fois la chambre à nouveau plongée dans le calme, elle s'approche de moi pour observer le mystérieux objet.
C'est apparemment un corbeau, tout noir, a priori blessé. Son corps est brûlant. Instinctivement, et devant le regard médusé d'Anaé, mes mains le pose au sol, mes doigts s'approchent de ses plaies, s'illuminent d'une lumière blanche, refermant les blessures les unes après les autres. Bientôt, mon état de transe cesse. La bête se redresse, reprend des allures de corbeau normal.

– Mais qu'est-ce que tu as foutu !?
– Du calme, du calme... A dire vrai, je n'en ai aucune idée. J'ai juste agis comme je le pressentais...
– Un pressentiment !? Mais tu as fais de la magie ! De la vraie magie !
– Du calme ai-je dis... Regarde, il marche.

En effet, le volatile s'escrimait à avancer une patte, puis une autre, comme s'il n'avait jamais volé. Et puis, j'ai une étrange sensation, l'impression d'une intrusion dans mon esprit. J'en fais part à Anaé, appréhendant une nouvelle transe. Mais rien de tout cela. Non, je me sens simplement... sereine. L'oiseau me lance un regard. Hubrice.



La porte s'ouvre enfin, nous libérant tous de cette pièce étouffante. Dans les couloirs, l'air et la lumière circulent et la chaleur devient presque agréable. Mais les salles de cour sont infernales. Comme à mon habitude, j'attends près de la porte en respirant le parfum de fleur qui flotte dans l'atmosphère. Anaé ne se presse pas, échange des sourires avec Yan. Ignorer qu'ils s'aiment, ce serait être aveugle. Il n'y a qu'eux pour ne pas le voir.
Le couple se rapproche, passe devant moi, sort, continue son chemin. Je les suis, quelques pas en retrait. J'entends leur conversation, sur la poésie du printemps qui revient. Malgré moi, je laisse échapper un soupir d'agacement. Voilà maintenant plus de deux ans que je n'ai pas pu avoir de vraie discussion avec ma sœur. Dès que nous sommes arrivées ici, à Coffee, elle s'est liée d'amitié avec cet inconnu et ils ne se sont plus quittés.
Hubrice vient se percher sur mon épaule, comme un perroquet. Je ne comprendrai jamais comment il arrive à se glisser dans l'école sans qu'aucun garde ne le remarque. Ils ont pourtant comme devoir d'empêcher toute créature magique de rentrer et de semer la pagaille dans l'établissement. Mais je suis heureuse de l'avoir près de moi. Lui, au moins, ne m'a jamais réellement déserté.
Ce soir, Yan nous emmènera dans une auberge où il se réunit souvent avec ses amis. Je ne cesse de répéter à Anaé que s'afficher avec des opposants au régime du roi n'est pas du meilleur goût, mais elle n'écoute pas. J'ai beau la prévenir que son comportement est dangereux, elle suivrait Yan n'importe où. Pour moi, il n'y a aucun soucis, je ne fais que faire la fête. Mais elle les accompagne dans des réunions, voire dans des actions de vandalisme. J'ai peur du dénouement de cette histoire.



– Pain, Pain, ouvre !

J'appuie de plus en plus fort contre la porte. Elle fait la même chose de son côté. Hubrice m'aide de toute sa force de corbeau, ce qui ne fait pas une grande différence. Je ne veux pas la voir. J'aimerais juste qu'elle parte, qu'elle laisse seule, qu'elle trouve quelqu'un d'autre pour sécher ses larmes.

– Pain ! C'est ta faute ! Ouvre, sale sorcière !

Mon corps se pétrifie. Je reste appuyée contre la porte, amorphe. Mes jambes se coupe, je glisse, et tombe au sol. Anaé frappe toujours, mais le verrou l'empêche d'entrer. Je ne veux pas la voir. Elle finit par donner un dernier coup très violent, suivi d'une injure. Puis elle s'en va. Hubrice s'est niché dans mes bras. Je pleurs à chaudes larmes, comme je ne l'ai pas fait depuis une éternité.
Elle a passé la journée à me répéter que c'était ma faute, que j'aurais pu agir, que j'étais une traîtresse, qu'elle rentrerait à Vizsla une fois qu'elle aurait réglé mon compte. Je me suis tue. Je savais qu'elle agissait mue par la douleur et non pas par haine. Mes ces derniers mots...
Qu'y puis-je si cet idiot de Yan s'est fait attrapé par la police royale ? Qu'y puis-je s'il est sûrement mort à l'heure qu'il est ? Qu'y puis-je s'il a toujours clamé ses idéaux sans penser qu'on l'entendait ? Qu'y puis-je à la fin si elle a été assez stupide pour le suivre ! Est-ce que leur bêtise fait de moi une sorcière !?
Mon corbeau me pince la main. Je suis aussi bête qu'eux, de m'en faire pour cela. Qu'Anaé parte, elle se rappellera dans le froid des hivers insulaires que l'amour passe après le devoir. Elle qui devait prendre soin de moi, elle regrettera son manque de rigueur. Ce n'est pas un problème pour moi, de perdre un ami.



– Pain ?

Je l'ignore, faisant semblant de dormir encore. La chambre est tiède, presque froide, son corps brûlant contre le mien. Ses longs cheveux argentés coulent sur ma peau. Un réveil dans ses bras, c'est le meilleur moyen de commencer une journée. J'ai envie de rester là, de profiter de ses caresses, de sa chaleur. De lui.

– La dernière diligence pour Coffee part dans trente minutes.

Soupir. Je ne demande qu'une chose, rester prêt de lui. Mais c'est impossible. Nous avons tous deux nos obligations. Pourtant, cette petite maison dans la campagne de Sugar est un paradis. Pas trop éloignée de la ville, mais tout de même en retrait, nous assurant une tranquillité bien méritée. Elle était assez petite, mais facile à vivre. C'était comme un nid où nous deux, pauvres oiseaux solitaires, nous retrouvions à l'abri des tempêtes extérieur.
Je suis enfin prête, lavée, habillée, et je peigne mes cheveux avec soin lorsqu'il s'approche de moi pour me passer un étrange collier au cou. Un magnifique bandeau de velours noir auquel est accroché une petite étoile. Je touche le métal froid, puis me retourne pour lui lancer un regard surpris.

– J'ai vu ça hier, j'ai pensé que ça te plairait...
– Oh, Geralt...

Je me pends à son cou et l'embrasse. Je sens une douce chaleur parcourir mon cœur. Rapidement, je me sépare de lui, ouvre un livre, allume une bougie et commence à murmurer quelques formules en touchant son front et le mien. Comme d'habitude, mes mains s'illuminent. Il y est habitué, maintenant. L'incantation prend fin. Ses yeux sont aussi interrogateurs que les miens, une minute plus tôt.

– C'est un enchantement elfique, je réponds à sa question tacite. Il permet de lier deux personnes jusqu'à leur mort. Ça ne te dérange pas de m'aimer pour toujours ?
– Pas du tout, répond-il en m'embrassant une fois de plus.



– Pain ?

Je l'ignore, faisant semblant de dormir encore. Je n'ai pas envie de voir son visage, de me rappeler qui il est. Ma tête résonne, j'ai mal. J'ai encore fait la fête hier. Hubrice a beau me sermonner sur mon comportement irresponsable, je ne résiste pas à l'ambiance festive de Coffee pendant l'été. C'est décidé, je dois me reprendre, je dois quitter Coffee, quitter Sugar, changer d'univers.
Je chasse l'homme sans considération. Où aller ? Caucase, c'est un désert. La Death Valley aussi. Jotunheimr est trop froid. Je n'ai pas envie de vivre avec les elfes. Retourner à Vizsla ne ferait qu'agacer mes géniteurs. Les autres îles de l'archipel ne m'attirent pas. Il ne reste que Pandora. Le roi est abominable, d'après les rumeurs que j'entends, mais il faut que je change d'air. Mes bagages seront faits ce soir, et dans la nuit je pars.
Cette journée m'a servie à mettre en ordre mes affaires. Je vais quitter cette maison dans laquelle j'aurai vécu à peine quelques semaines, Hubrice sur l'épaule, lorsque mes yeux tombent sur un tiroir. Je sais ce qu'il contient. J'ai décidé de ne pas l'emporter. J'ai décidé d'oublier cette partie de ma vie, ces trois ans de bonheur, ce... Geralt. C'est plus fort que moi, j'arrache à demi le tiroir pour récupérer ce morceau de papier. « Je suis désolé, adieu. »
Et me voilà partie pour Pandora.



Blanc. Noir. Blanc. Noir. Rouge. Blanc. Rouge. Noir.
Bouche. Joue. Nez. Yeux. Cou. Epaules. Bras. Mains. Poitrine. Omoplates. Jambes. Pieds.
Ventre. Douleur.



– Enfin, tu sais, ça va mieux maintenant.
– Quand même, j'ai cru que tu étais morte !
– Aryan, ça va mieux. Je t'assure. Et toi, comment ça va ?

Le Pearl glisse sur l'eau avec légèreté. Hubrice s'amuse avec les mouettes. Le temps est clair, le soleil chauffe. D'ici, je vois déjà Vizsla se découper sur l'horizon. Je suis tenue d'y aller une fois pas mois, depuis l'accident.
L'accident. Ce n'était pas accidentel. Un coup d'épée asséné par un garde l'est rarement. Je n'ai rien dis à Aryan là-dessus. Pour lui, je me suis juste blessée. Pour la reine Akachi et le publique, ce n'est qu'un accident malencontreux. Pour moi et ceux qui savent, c'est bien pire que cela.
Rester plus d'un mois en convalescence à Vizsla m'a transformée. J'ai retrouvé Anaé, qui m'a pardonné et à qui j'ai pardonnée. J'ai rencontré Aryan, un fier marin qui est chargé de mon transport en mer. A travers lui, j'ai découvert Richard, un autre homme sans cœur comme il y en a tellement.
Je n'ai pas pu retrouver Geralt. Les informations dont disposent le Ailes Pourpres sont trop limitées. Mais c'est sûrement mieux ainsi. J'ai abandonné l'idée de l'oublier, je laisse juste le temps effacer les sentiments que j'ai eu pour lui. Et puis, le travail que je reçois des Ailes Pourpres, en plus de mon cabinet médical à Loitaceila, m'occupe assez pour que j'arrête de penser à lui. A vingt-sept ans, j'ai enfin trouvé quoi faire de ma vie. Il ne reste plus qu'à réussir.

ENFP KUKUKU
Prénom/pseudo : Mira <3

Âge : Watt euh goude qouestshionne.

Personnage sur l'avatar : Yennefer de Vengerberg de The Witcher.

Niveau de RP estimé : Comment dire, ça varie :');; ?

Avis sur le forum/questions/suggestions : Finissez ce ptain de nouveau thème/headshot/

Autres passions ? Bouquiner, coder, mes cours chéris uvu

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Dernière édition par Pain Vizsla le Dim 2 Aoû - 12:58, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Cause I'd rather feel P A I N than nothing at A L L {99%}   Ven 3 Juil - 16:18

Bonzour bonzour, et du coup pour le vava (je sais pas si je te l'ai déjà dis) je vais galérer de ouf alors vaudrait mieux que ce soit Eno qui te le fasse .3.

Autrement, des bisous sur tes joues pour avoir un perso pareil uwu


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MessageSujet: Re: Cause I'd rather feel P A I N than nothing at A L L {99%}   Ven 3 Juil - 16:49

Oui t'inquiète, je m'en occuperai normalement :')
Et nyaaaah, merci >w< *poutpout*

Normalement le caractère et/ou la familier devraient arriver sous peu ovo


#f0c800 for the win

UNE ROSE DE RITA, UNE DE JINT ET DEUX D'ENO MOTHERFUCKER I'M AWESOME *mais moins qu'Akashi quand même uvu*
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MessageSujet: Re: Cause I'd rather feel P A I N than nothing at A L L {99%}   Ven 3 Juil - 16:52

Aye, hâte de voir le mental ovo !

Rebienvenue à une perso aussi chouette, sinon, amuse-toi bien avec elle x3


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MessageSujet: Re: Cause I'd rather feel P A I N than nothing at A L L {99%}   Ven 3 Juil - 18:05

Vwalà, j'ai UN PEU avancé :')
Et le vava est mis o/

Je commencerai l'histoire aujourd'hui ou samedi, je pense la faire plutôt longue mais j'ai hâte de pouvoir rp avec ce perso alors qui vivra verra owo/

Et sinon matez la signature :'DDD




Hubrice dans sa violente puissance :
 
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MessageSujet: Re: Cause I'd rather feel P A I N than nothing at A L L {99%}   Dim 2 Aoû - 12:59

CA Y EST. BORDEL. J'AI VAINCU.
J'espère que ce sera pas trop long et chiant à lire pour celle qui me validera :');; *sait pas trop ce qu'elle doit penser de l'histoire honestly*
Sinon j'ai pas relu, fuck off, je ferai ça une autre fois uu;;




Hubrice dans sa violente puissance :
 
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MessageSujet: Re: Cause I'd rather feel P A I N than nothing at A L L {99%}   Dim 2 Aoû - 14:58

Fiche relue dans la douleur *Byby qui chantait Est ce que tu m'aimes ? à tue tête en fond*

Autrement c'est très bien :3 Maintenant j'ai plus qu'à secouer les puces d'Ina pour qu'elle finisse celle de Geralt :'D
Donc je te valide, jeune fille pipou. >w<



FRANKLY MY DEAR, WHAT A TIME TO BE ALIVE.
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Cause I'd rather feel P A I N than nothing at A L L {99%}
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